Ce site personnel, construit pour le simple plaisir d'apprendre, sera utile aux amoureux d'aujourd hui et de demain de la Sardaigne, cette île centrale de la Méditerranée, berceau de tant de grandes civilisations. Je le dédie à tous les passionnés des livres que l'on referme avec plus de questions que de réponses, enfin il peut intéresser ceux qui comme moi essaient de pratiquer la libre pensée sans aucune limite fixée par d'autres qu'ils s'appellent parti, famille, religion ou patrie, avec comme seule contrainte, le respect de l'autre et de sa différence.

... ils se souviennent, au mois de mai, d'un sang rouge et noir, d'une révolution manquée qui faillit renverser l'histoire. Je me souviens surtout de ces moutons effrayés par la liberté s'en allant voter par millions pour l'ordre et la sécurité ...

  • Pour l’homme, le destin est comme le vent pour un voilier. Celui qui est à la barre ne peut décider d’où souffle le vent, ni avec quelle force, mais il peut orienter sa propre voile.

    Amin Maalouf

  • Aujourd'hui, l'ethnographie recherche les traces de ces hommes d'autrefois, qui sont en somme nos grands-pères ; la biologie, dans les laboratoires du monde entier, cherche à connaître l'homme actuel. Et pourtant, nous ne connaissons pas les gens qui vivent porte à porte avec nous, ceux que nous croisons tous les jours dans la rue, ceux avec qui nous travaillons côte à côte ... Si depuis les temps préhistoriques, les hommes s'entretuent, n'est-ce-pas faute de comprendre le voisin ?

    Georges Simenon - Lettre à ma mère

  • Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont pour les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire de petits bateaux, bref ils devraient mourir, n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnée à vie à l'étagère.

    Erri De Luca - Trois chevaux

  • Tu coucheras parmi les gueux et dans la splendeur des palais. Tu traverseras des villages oubliés, aux ruelles étroites et aux maisons aveugles. Tu pénétreras les secrets des puissants, l'intimité des sérails, la volupté des harems. Tu verras souffrir pareillement les princes et les mendiants et tu te convaincras ainsi que nous sommes éternellement égaux devant la douleur ... Tu apprendras le mépris devant la politesse des puissants, tu connaîtras le respect devant la grandeur des petits.

    Avicenne - La route d'Ispahan

  • Heureux étaient mes heures, mes jours et mes années. Mais depuis que je me suis élevé sur les tours de l'ambition et de l'orgueil, il m'est entré dans l'âme mille misères, mille souffrances et quatre mille inquiétudes. La place de Saint-Pierre est à Rome. Chacun est à sa place quand il fait le métier pour lequel il est né.

    Cervantes - Don Quichotte

  • Former les esprits sans les conformer,
    les enrichir sans les endoctriner,
    les armer sans les enrôler,
    leur communiquer une force dont il puissent faire leur force,
    les séduire au vrai pour les amener à leur propre vérité,
    leur donner le meilleur de soi sans attendre ce salaire qu'est la ressemblance

    Jean Rostand

  • Tu commences à pleurer ta jeunesse
    Dès qu'apparaissent tes premiers cheveux blancs
    Fleurs minuscules au milieu des ronces
    Mais cet âge mûr lui-même
    Tu as tort de le gaspiller en lamentations
    Car lui non plus ne durera pas

    Il ne sert à rien de regretter ta jeunesse
    Ni de maudire la vieillesse
    Ni d'avoir peur de la mort
    Ta vie, c'est la journée que tu es entrain de vivre
    Rien d'autre. Alors, divertis-toi, sois heureux
    Et sois prêt à partir.

    Amin Maalouf - Origines

  • Demeurent, en tout cas, bien des zones d'ombre que le temps n'a fait qu'épaissir. Et d'abord celle-ci : pourquoi Tanios, après être sorti du village en compagnie du muletier, était-il revenu s'asseoir sur ce rocher ?
    On peut imaginer qu'à l'issue de sa conversation avec Nader, qui l'aurait une fois de plus exhorté à quitter sa montagne, le jeune homme hésitait. On pourrait même énumérer les raisons qui auraient pu l'inciter à partir et celles au contraire, qui auraient dû le retenir ... A quoi bon !
    Ce n'est pas ainsi que se prend une décision de partir. On n'évalue pas, on n'aligne pas inconvénients et avantages. D'un instant à l'autre on bascule. Vers une autre vie, vers une autre mort. Vers la gloire ou vers l'oubli.
    Qui dira jamais à la suite de quel regard, de quelle parole, de quel ricanement, un homme se découvre soudain étranger parmi les siens, pour que naisse en lui cette urgence de s'éloigner, de disparaître.

    Amin Maalouf - Le rocher de Tanios

  • Maître, imaginez-vous que votre demeure prenne feu. Quel est l'objet que vous sauveriez des flammes ?
    Et Jean Cocteau de répondre sans la moindre hésitation:
    "Le feu évidemment ! Je sauverais le feu en le tirant de l'incendie. J'essaierais de préserver la flamme et de conserver le feu de la chaleur humaine, l'incandescence de l'esprit, l'embrasement de la vérité, la lumière ardente du savoir et le rayonnement de l'amour.
    Je veux protéger le jaillissement de l'éclair de l'aveuglement, car je veux continuer à voir même si j'en avais les yeux brûlés.
    La plus grande bénédiction, le plus formidable cadeau, la plus noble acquisition est une infime étincelle d'inflammabilité, toujours recommencée".

    Jean Cocteau

  • Le printemps est inexorable.

    Pablo Neruda

  • Un être humain, déterminé dans sa durée, souvent dans sa peine, parfois dans le bonheur, doit pouvoir affronter tous les moments de son existence en connaissance de cause : son avenir, même limité par les difficultés de son corps, même assombri par les deuils et les ennuis privés ou sociaux, demeure son avenir à lui, dont il peut faire ce qu’il souhaite avec les forces qui lui restent. Quelles que soient les chaînes qui me lient aujourd’hui, je suis aussi libre qu’hier : demain sera toujours un autre jour. La virginité des jours à naître est le présent fait par la vie à la liberté humaine.

    Léon Schwarzenberg - La société humaine

  • Le clair de lune a découpé la robe noire de la nuit.
    Bois donc du vin, car on ne trouve pas toujours un moment aussi précieux.
    Oui, livre-toi à la joie, car ce même clair de lune
    éclairera bien longtemps encore après nous la surface de la terre.
    -
    Ce monde n'a retiré aucun avantage de ma venue ici-bas.
    Sa gloire et sa dignité n'ont également rien gagné à mon départ.
    Mes deux oreilles n'ont jamais entendu dire à personne
    pourquoi l'on m'y a fait venir, pourquoi l'on m'en fait sortir.
    -
    Tant que je ne suis pas ivre, mon bonheur est incomplet.
    Quand je suis pris de vin, l'ignorance remplace ma raison.
    Il existe un état intermédiaire entre l'ivresse et la saine raison,
    oh! qu'avec bonheur je me constitue l'esclave de cet état, là est la vie.

    Omar Khayyam, poète, savant et philosophe perse (1048-1131)

  • La plus humble vie qui paraît un moment à la lumière du ciel est une grande faveur, et il ne faut pas moins de patience et de tendresse à la former qu'à former celle d'un roi.

    Jean Guéhenno - Changer la vie

  • Il existe deux choses qui empêchent une personne de réaliser ses rêves : croire qu'ils sont irréalisables, ou bien, quand la roue du destin tourne à l'improviste, les voir se changer en possible au moment où l'on s'y attend le moins. En effet, en ce cas on ne connaît pas l'issue, dans une vie tissée de défis inconnus, dans l'éventualité que les choses auxquelles nous sommes habitués disparaissent à jamais.
    Les gens veulent tout changer et, en même temps, souhaitent que tout continue uniformément.

    Paulo Coelho - Le démon et mademoiselle Prym

  • J'ai cru longtemps qu'à devenir plus savant on devenait plus homme. L'expérience m'a détrompé. J'ai fini par vivre parmi ceux qu'on dit savants. J'ai constaté qu'ils sont aussi ignorants, quelquefois davantage, dans l'art de vivre que le plus inculte des Calibans, et n'ont pas, comme lui, l'excuse d'avoir manqué de toute initiation. Ils n'ont, souvent, gagné qu'en vanité. Ils ont de plus belles manières. Ils parlent mieux, mais ils sont restés dans la même disposition au préjugé, la même confusion de la pensée de tous les jours. Ils n'en sentent aucune gêne. Tout au contraire, leur prétendu savoir leur donne une ridicule assurance. Le seul vrai progrès est intérieur. Il ne concerne pas seulement le savoir mais tout l'être.

    Jean Guéhenno - Dernières lumières, derniers plaisirs

  • Rester sur le fil, sur la voie du milieu, celle où rien n'est fait, rien n'est gagné, où la conciliation de nos contraires et de nos opposés est toujours à réaliser. ...Honnête homme plutôt qu'habile homme, fildefériste donc, plutôt qu'affairiste, voilà l'inconfortable qui me plaît et me tente. ...Devenir soi pour se foutre la paix, foutre la paix aux autres et vivre ensemble en harmonie débarrassé de notre propension naturelle et nuisible à projeter nos noirceurs sur l'autre....Se transcender est un élan, un mouvement intérieur, il n'a rien à voir avec une quelconque force ou créature divine extérieure. Ce qui est divin dans la transcendance est en nous....C'est à sa juste place d'homme que l'on peut travailler pour semer, pour s'élever certes, mais pas dans les airs brûlants du soleil....Notre projet est un processus dynamique quotidien toujours en devenir, un processus qui nous met et nous meut en chemin. Chemin d'émerveillements, de découvertes, de tristesses et difficultés aussi parfois, mais pas un terminus où retentirait la voix de notre GPS 'Vous êtes arrivés !'...Nous n'avons de bonheur que dans des moments particuliers, peut-être exceptionnels, où nous n'espérons rien.…

    Gilles Verteneuil

  • Dans ce monde si vieux et si désabusé, seul ou presque seul, j'ai assez de jeunesse pour préférer à tout la vérité. Je ne la crains pas. Je ne crois pas que le mensonge soit la condition de la vie.

    Jean Guéhenno - Caliban parle

  • Le coucher du soleil prit fin avec les paroles de papa me disant qu'un jour, nous aussi, nous irions en Amérique sur l'Andrea Doria. Dans le port de New-York les sirènes siffleraient, sur l'océan nous verrions des vagues immenses, et à bord nous irions au cinéma.
    Il nous inoculait sa confiance en l'avenir, notre droit de gravir les escaliers de maisons plus belles, et même de navires. Les jours bénis furent pour moi ceux d'un impossible gardé tout au fond du cœur et non pas ceux qui le réalisérent.

    Pas ici, pas maintenant - Erri De Luca

  • Le Café du Centre était plein, et, là encore, il y avait de quoi le faire enrager. Assis sur les banquettes, c'étaient des gens bien habillés, des bourgeois, des avocats, des avoués, des marchands d'engrais, des assureurs, tous ceux, en somme, qui s'engraissent du travail des paysans.
    Des paysans qui venaient, comme aux ordres, leur donner leur bel argent !
    Et eux prenaient un air condescendant, daignaient parfois leur désigner une chaise et leur dire :
    - Un petit coup de blanc, père Machin ? ...
    Ils étaient sûrs d'eux, sûrs de leur bon droit. Ils étaient des notables et, à force de se faire respecter par les autres, ils finissaient par se respecter eux-mêmes.

    ...Il ne pouvait rien faire. Cela ne servait à rien. Il n'y avait pas de place pour lui, il n'avait pas été prévu dans la répartition.

    Geoges Simenon - Au bout du rouleau

  • ...
    Nous n'avons jamais grand-chose à nous dire. Plus exactement, nous n'éprouvons pas le besoin de le dire. Ou est-ce que nous n'en trouvons pas le moyen ? Ou encore qu'une pudeur nous en empêche ? Je ne sais pas. Peut-être qu'en t'écrivant j'obtiendrai la réponse à cette question, comme à d'autres que je me suis souvent posées ?
    ...
    l'homme que je parais être, ou celui que je suis ?
    ...
    Il est sûr de lui, comme il a réussi, il se croit tout permis.
    ...
    C'est surtout pour elle, une impuissance à vivre immobile. Elle préfère rencontrer des gens qui ont un nom, dans n'importe quel domaine, mais par des soirs de calme plat, il lui arrive de s'habiller et de s'enfuir.
    ...
    Elle sait que j'ai besoin de me retrouver seul dans mon coin, je n'ai rien contre les gens, à plus forte raison contre nos hôtes. Je ne répugne pas à les voir, mais, après un certain temps, je me sens desaxé et il me faut ma solitude.
    ...
    Chaque couple, quoi qu'on fasse, n'est pas seulement formé de deux individus, mais de deux familles, de deux clans. Son esprit, son mode de vie n'est jamais qu'un compromis entre deux esprits, deux modes de vie différents, et il est fatal que l'un ou l'autre l'emporte. C'est une bataille, avec un vainqueur et un vaincu, et il est naturel que cela provoque des ressentiments, quand cela n'engendre pas de la haine
    ...

    Georges Simenon - Le fils

  • In diesen heil'gen hallen

    Dans ces salles sacrées
    On ne connaît pas la vengeance.
    Et si un être a failli,
    L'amour le ramènera vers le devoir.
    Alors, la main dans celle d'un ami,
    Il ira, joyeux, vers un monde meilleur.

    Dans ces murs sacrés,
    Où l'homme aime son prochain
    Nul traître ne se cache,
    Car nous pardonnons à nos ennemis.
    Celui qui n'entend pas cet enseignement
    Ne mérite pas d'être un homme.

    Extrait de la flûte enchantée de W.A. Mozart

  • Ce corps plus vieux que la mémoire, plus usé que le regard, ce visage fardé et ces mains tremblantes avaient abandonné toute résistance. La vieille allait mourir comme si elle entrait dans un rêve par une porte dérobée, comme par effraction, comme si la partie était finie et qu'il fallait s'en aller sur la pointe des pieds, sans déranger la vie qui continuait.
    Lasse, elle voulait s'abstraire du temps, fermer les paupières et dormir pour toujours.
    Un grand silence se fit. Nous attendions les derniers signes de celle qui était pour nous plus qu'une mère, plus qu'une complice ou confidente, mais une lumière qui guidait nos pas.

    Tahar Ben Jalloun

  • On nous parle de l'universalité de la Franc-Maçonnerie, des outils mis à notre disposition pour nous aider à nous améliorer mais les outils que nous utilisons en maçonnerie sont-ils universels ?

    Je considère les outils comme un prolongement de notre corps.

    Dans la vie profane, les outils ne sont pas les mêmes pour tout un chacun. Les peuplades d'Afrique Noire ne connaissent pas le fil à plomb, ni le niveau. Les Esquimaux ne connaissent pas le maillet ou le ciseau. Ils n'en ont aucune utilité. Leurs outils sont, outre leurs mains et leurs dents, le couteau, la scie, les aiguilles, les liens en cuir, ...
    En leur imposant nos outils maçonniques, aurions-nous une mission civilisatrice, nous Francs-Maçons ? Car à moins que de les leur imposer, nos outils maçonniques ne leur parleront pas.
    La fraternité par contre est en eux comme en tout être humain.
    Il ne s'agit que de l'appliquer dans la vie.

    Jocelyne L.