Ce site personnel, construit pour le simple plaisir d'apprendre, sera utile aux amoureux d'aujourd hui et de demain de la Sardaigne, cette île centrale de la Méditerranée, berceau de tant de grandes civilisations. Je le dédie à tous les passionnés des livres que l'on referme avec plus de questions que de réponses, enfin il peut intéresser ceux qui comme moi essaient de pratiquer la libre pensée sans aucune limite fixée par d'autres qu'ils s'appellent parti, famille, religion ou patrie, avec comme seule contrainte, le respect de l'autre et de sa différence.

... ils se souviennent, au mois de mai, d'un sang rouge et noir, d'une révolution manquée qui faillit renverser l'histoire. Je me souviens surtout de ces moutons effrayés par la liberté s'en allant voter par millions pour l'ordre et la sécurité ...


Sans électricité, il n’y a pas grand-chose qui fonctionne !

Depuis la libéralisation du secteur de l’énergie, imposée au niveau européen, à partir de 1996, les opérateurs privés sont en concurrence. Les pouvoirs publics ont donc progressivement abandonné le marché de l’énergie, produit de première nécessité, au privé. La libéralisation allait tout arranger. Or, nous le savons bien, le marché évolue en fonction de ses profits et jamais de l’intérêt général. Les prix ont même augmenté contrairement aux prévisions de la Commission européenne.
Avec le libre marché, l’obligation d’investir n’existe pas. Les acteurs privés auraient même intérêt à créer un léger manque d’énergie toujours favorable à une hausse des prix. Ils ont ainsi arrêtés des centrales au gaz performantes, mais pas assez rentables à leurs goûts. En Europe, quelques 50.000 MW produits par des centrales au gaz ont disparu. Pour info, la Belgique a besoin de 14.000 MW au plus fort de sa consommation. La perte de ces 50.000 MW est un comble alors que nous sommes aux portes de la pénurie, mais la décision est logique pour un opérateur d’abord préoccupé par les résultats financiers.
Comme d’habitude, on assiste donc à une privatisation des profits et à une collectivisation des soucis. ->(mon interprétation à partir d’un article du magazine Le Vif en date du 05-09-2014.)

Est-on conscient de vivre dans le pays le plus égalitaire ?

La Belgique est le pays d’Europe où la différence entre riches et pauvres est la moins marquée en revenus nets (source : Université d’Essex, étude pour la Commission européenne).
La partie IPP ‘Impôt des personnes physiques’ tire le revenu net moyen vers le bas et la sécurité sociale (allocations de CPAS, de chômage, de maladie, d'invalidité, etc. ) pousse la moyenne des bas revenus vers le haut.
Toutefois, cette étude ne tient pas compte de l’aspect socioculturel sans parler des très grandes inégalités qui existent pour un enfant face à l’enseignement. Cette étude ne considère pas non plus une série de revenus qui échappent à la fiscalité.
D’autres diront qu’il faut une dose d’inégalité pour stimuler la volonté d’entreprendre. Certes, tout le monde ne doit pas gagner la même chose, mais les différences doivent être justifiées.
-> (mon interprétation à partir d'un article paru dans le Journal Le Soir du 10-09-2014.)

Une véritable banque publique c'est mieux.

Le système bancaire privé a été le principal responsable de la crise financière de 2007-2008 qui perdure encore en 2013. Libres de toutes contraintes et animées par un seul souci spéculatif, les banques ont conçu des produits plus risqués les uns que les autres qui ont généré des pertes considérables.
Les pouvoirs publics auraient dû, les premiers, tirer les leçons de cette crise, et prendre des mesures adaptées à l'encontre des principaux fautifs, les établissements financiers.
Pourtant, au lieu de s'attaquer aux racines du problème, ils ont choisi de laisser les banques agir en dehors de tout contrôle et faire supporter le prix de la débâcle financière aux populations à travers de violents, injustes et inefficaces plans d'austérité. Cette situation est d'autant plus inadmissible qu'une réforme en profondeur de l'organisation et du fonctionnement bancaire est aujourd'hui une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique.
-> Patrick Saurin, Socialiser le système bancaire, une impérieuse nécessité, Médiapart 1/02/2013.

Livre.
Ce que je crois. Jean Guéhenno.

Chacun vit comme il peut.
Aujourd'hui, on n'ose plus refuser à ceux qui " n'y croient pas " toute religion, toute piété, comme si nous étions sans yeux ni oreilles pour entendre et regarder le monde autour de nous. Il semble qu'on commence d'admettre que nous ne croyons pas à rien, mais à quelque chose, et même que ce quelque chose peut être le plus profond de nous.
Un "croyant" et un "incroyant" peuvent sentir la plus profonde fraternité dès qu'ils sont dans la même inquiétude de la vérité et de la justice et ne comptent que sur elles pour le bonheur et la dignité des hommes. Cette inquiétude est la foi même, tragique et active, et d'où qu'ils pensent qu'elle leur vienne, de la terre ou du ciel, d'eux-mêmes ou de Dieu.

Nos propos édifiants sur la liberté ne sont trop souvent que propos d'hommes qui ont mangé et sont à peu près certains de toujours désormais manger à leur faim. Le droit de manger est sûrement le premier droit de l'homme. Tant qu'il n'est pas assuré et effectif, il ne peut y avoir aucune liberté. Un homme qui a faim n'est pas libre. La liberté de manger commande toutes les autres. Manger est le commencement de la liberté et de l'égalité.
Un homme vaut un autre homme. Je le crois plus fort que jamais. Il faut le croire même si ce n'est pas absolument vrai, et faire comme si ... C'est la condition de toute action et de tout amour. C'est de cette confiance qu'il faut partir et il ne faut jamais, sur ce point, accepter la désillusion. Il faut mener un homme, tout homme, jusqu'à lui-même et lui apprendre à se construire.


Livre.
Homo Economicus, Daniel Cohen.
Prophète égaré des temps nouveaux.

Le monde contemporain privilégie la compétition sur la coopération. L'homme moral quitte la salle quand l'homo economicus y entre. La montée des inégalités est intimement liée à la part prise par la finance dans l'économie. La responsabilité sociale d'une entreprise est de faire du profit.
Le paradoxe chinois : la deuxième puissance économique du monde est une puissance pauvre, au centième rang de l'indice de développement humain de l'ONU.
Penser la liberté comme un attribut occidental, c'est avoir la fâcheuse habitude de juger le passé par le présent, d'oublier l'inquisition, les tragédies du XXème siècle, ...
Les traités interdisent formellement à la BCE de prêter directement aux États. Lorsque Mario Draghi a été nommé président de la BCE, il a mené une politique de crédit massif aux banques, dans l'espoir que celles-ci prêtent aux États. Il eut suffi qu'il puisse leur prêter directement pour étouffer la crise.
L'Europe attend son Roosevelt, qui saura lui donner, au coeur de la crise, le sentiment d'une communauté partagée. Mais l'économie et le politique tirent aujourd'hui dans des directions opposées. La crise de l'euro rend nécessaire des mécanismes de résolution à l'échelle de l'Europe : union bancaire, dettes européennes, ... La politique va dans l'autre sens, avec un retour des partis xénophobes et la tentation du chacun pour soi.

Etude.
IEV, Jeremy UHR.
Les agences de notation.

Les agences de notation financières sont des sociétés privées qui exercent une activité commerciale. La notation financière : des émetteurs de titres de dette, tels que des obligations sollicitent contre rémunération une évaluation du risque de non-remboursement des dettes d'un emprunteur (banques, assurances, états, ...). Trois agences américaines se partagent 95 % du marché. Elles ont même à partir de 2008 proposé un service de conseils à la titrisation, c'était un an avant la crise des 'subprimes'. Leurs chiffres d'affaires est colossal : 4,8 Milliards de dollars en 2011, pour un bénéfice cumulé de 1,8 Milliards de dollars. Standard & Poors, Moody's, Fitch appartiennent principalement à des sociétés financières américaines, souvent les mêmes chez S&P et Moody's..
Mais, les agences de notation n'ont pas pour obligation de servir l'intérêt général. Leur objectif n'est-il pas de générer des bénéfices ? A quand une Agence publique de notation européenne ?

Livre.
Daniel Cohn-Bendit, Guy Verhofstadt.
Debout l'Europe.

Une Europe fédérale, une véritable union politique, économique, sociale, budgétaire et fiscale. Une Europe fédérale, qui serait dirigée par un véritable gouvernement européen. Un Président élu directement par les citoyens ou par le Parlement européen.
Dans moins de vingt-cinq ans, plus aucun pays européen - même l'Allemagne - ne comptera dans le contexte mondial. L'Europe est un continent aux cheveux gris. Un continent frappé par un strabisme national sans ambition, sans espérance et sans espoir. Le Conseil européen n'est que le syndicat des intérêts nationaux. Ceux qui le composent y siègent uniquement pour y défendre des intérêts égoïstes nationalistes contre l'intérêt européen.
L'identité nationale est le nouveau visage du nationalisme. C'est le dernier habillage de la vieille idéologie nationaliste. L'Europe des nations est une relique du passé, non un viatique pour l'avenir.
Lu aussi :
Cela fait maintenant des décennies que nous vivons à crédit sur le dos de la planète. Les conflits de demain porteront sur l'eau et l'énergie. Le monde atteint lentement mais sûrement ses limites naturelles. Les matières premières de la planète, et surtout les combustibles fossiles, s'épuisent. Une menace pèse sur l'humanité par la dégradation climatique résultant de nos modes de vie et de production.
La démocratie, c'est aussi précéder l'opinion publique et non la suivre aveuglément pour des raisons électoralistes et opportunistes. Au contraire, les politiques devraient avoir une idée, une vision, un projet et essayer d'en convaincre le public. La démocratie, c'est s'adresser à l'intelligence des individus, non à leurs instincts, en les associant à un projet émancipateur.

Arte.
Le bal des vautours.

Les marchés. Un groupe d’individus d’éducation supérieure ; recrutant de par le monde les meilleurs comptables, les meilleurs banquiers, les meilleurs lobbyistes ; disposant de milliards de dollars ; et œuvrant avec la complicité des représentants officiels qu’ils corrompent. Ils se font passer pour des hommes d’affaires

La crise financière que nous connaissons depuis cinq ans vient essentiellement de la défaillance des systèmes de régulation, qui ont disparu et que l’on ne remettra pas en place avant longtemps. Parce qu’il faudrait effectivement du temps, mais aussi de l’indépendance. Le lobbying financier possède l’argent pour faire les lois, et orienter les élections. Ils font élire ( aux Etats-Unis – en Europe sans doute aussi ? -, tous partis confondus ) les plus favorables à leurs intérêts.
Il existe une grande porosité entre les mondes privé et public. On passe constamment d’un monde à l’autre : Mario Draghi, Mario Monti, Lucas Papademos, Henry Paulson, Alan Greenspan, dans un sens puis dans l’autre.
Goldmann Sachs est la plus grande banque d’affaires au monde, elles sont une vingtaine sur la planète.

Le ‘shadow banking’, ou ‘ banque de l’ombre ‘ est une banque d’affaires – aucune activité dans la banque de détails, établie dans un paradis fiscal et ne fonctionnant que par la spéculation.
Spéculer c’est-à-dire organiser la flambée des cours – sans lien avec les activités d’une compagnie -, par des conventions de marché, créer l’euphorie, attirer les investisseurs institutionnels et privés. Les cours décollent. Et puis, c’est se retirer juste avant l’effondrement des cours, que l’on provoque comme de bien entendu.
Spéculer, c’est aussi vendre des actifs toxiques (de la merde…), c’est la titrisation de créances douteuses cachées dans des produits complexes et opaques, bien évidemment cotées AAA par les agences de notation complices. Ce sont ces actifs toxiques qui ont entraîné la crise dans nos banques : DB, BNP, UBS, DEXIA, … Ces banques européennes avaient bien évidemment pris la précaution de gérer leurs actifs toxiques dans une filiale non contrôlée et établie dans un paradis fiscal. Mais comme toujours, l’argent public, le mien, le vôtre viendra au secours du système financier. La règle du système capitaliste est : ‘ Privatiser les profits, sociabiliser les pertes ‘, et tout cela en totale impunité.

La grande crise financière que nous connaissons depuis cinq ans est venue d’une défaillance des systèmes de régulation. Alors voilà les marchés et tous ces trucs financiers de l’ombre, c’est combine et voilà tout. Quand ça gagne c’est pour les déjà riches, de plus en plus riches qui font des fortunes indécentes et ne fabriquent rien de bien utile et quand on perd c’est toujours pour les mêmes, les jamais riches et toujours pauvres. Courage les politiques, réveillez-vous, dites la vérité, que le monde n’est pas un casino.

Livre.
Sergio Atzeni.
Le fils de Bakounine.

Traduit de l’italien. Le livre se déroule dans la Marmilla – région minière de Sardaigne : Gonnos, Guspini, Carbonia, la Mine de Montevecchio. Le narrateur interroge quantité de personnes qui ont connu Tullio Saba, le fils de Bakounine, ainsi était surnommé son père, un cordonnier. Tous les faits cités se déroulent durant la période fasciste et dans le juste après-guerre. Dans la lignée des idées de Bakounine, anarchiste russe, Tullio et déjà son père sont attachés aux idées rebelles, contestatrices du fascisme, de l’église, du grand capital. Mais c’est aussi le constat de l’impossible grand soir et du rêve éteint dans bien des cœurs et des têtes par l’échec du communisme russe.

Livre.
Jean Guéhenno.
La foi difficile.

La foi de Jean Guéhenno, c’est celle d’un homme qui croit en l’homme. Et qui, bien sûr, rencontre des moments de découragement, de solitude. Mais la foi, n’est-ce pas toujours recommencer, reprendre espoir, aller plus loin ? Il en est, sans doute, ainsi pour ceux qui croient en un Dieu, mais aussi pour ceux qui croient à la perfectibilité de l’homme.
Ce livre, c’est tout Guéhenno, homme de foi, homme de générosité, homme pacifique avec toute son horreur de la guerre, de sa bêtise, de la facilité avec laquelle des décideurs décident de la vie ou plutôt de la mort des autres. Guéhenno un perpétuel retour aux origines modestes qui furent siennes, un retour pour remercier qu’il en fût ainsi, et pour s’excuser d’être devenu un autre homme. Guéhenno, c’est le littéraire qui regrette une vie avec si peu d’action, rien que de belles paroles. C’est sa méfiance vis-à-vis des beaux parleurs, des intellectuels, et sa confiance dans les gens sans importance.

Ecoutons, Jean Guéhenno :
Que je voudrais être capable d’écrire les mémoires d’un homme de rien pour ces soixante dernières années, dire ses espérances de chaque matin, et comment elles se défirent journée après journée, et comment cependant il se lèvera demain pour espérer encore ‘.

Je m’étais marié. Nous étions heureux ou nous aurions pu l’être. Nous avions assez d’argent. Je devenais ce bourgeois que je suis. J’étais sorti des faubourgs de la vie, où, selon un mot de ma mère, il manquait toujours un sou pour faire un franc, et j’avais, sans presque m’en rendre compte, passé la ligne qui est vraiment la ligne de partage entre les hommes, la ligne de la sécurité. J’étais désormais de ce côté du monde où l’on est sûr de gagner toujours son pain. Si peu d’hommes encore sur la terre ont l’assurance de manger à leur faim.

Le 9 avril 1927, quand Vanzetti eut entendu le jugement qui les condamnait à mort, il déclara : ‘ Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler aux coins des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré, un raté.’ A ce moment, il vit à ses côtés, le tendre Sacco et se reprit, comme honteux de n’avoir pensé qu’à lui-même : ‘ Maintenant, corrigea-t-il, nous ne sommes pas des ratés. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on ne nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre crieur de poisson, c’est cela qui est tout. Ce dernier moment est le nôtre, cette agonie est notre triomphe. »

‘  Je ne souhaitais que marcher dans les pas de Jaurès. Je ne distinguais pas entre la cause de la justice et la cause de la vérité. La vérité me semblait devoir être le seul moyen de la justice. Je n’acceptais pas de penser qu’aucune idée basse put être utile au salut des hommes. J’avais plus le souci de leur dignité que de leur bonheur.
La révolution ne m’était qu’une vieille tradition, et aussi bien la revanche de Prométhée que l’accomplissement de la parole du Christ ou de la promesse de Saint-Just. Elle consistait à être avec les pauvres contre les riches. Elle était une certaine disposition à renoncer à ses privilèges et à ses biens. Surtout, elle était la dénonciation de cet antique préjugé selon lequel les hommes ne travailleraient bien qu’alors que leur propre intérêt est en jeu. Elle était la certitude que rien de grand ne se pouvait faire et ne s’était jamais fait peut-être par l’intérêt personnel.
Je croyais à l’homme, voilà tout.

Quand la conjoncture politique m’a contraint à choisir entre la fidélité et la vérité, je n’ai pu choisir que la vérité.’

Livre.
Christian de Duve.
De Jésus à Jésus en passant par Darwin.

L’approche scientifique d’une vérité peut se faire en tentant d’apporter la preuve de sa falsification (Karl Popper).
‘Le péché originelle génétique’ est le résultat de la sélection naturelle parmi nos très lointains ancêtres. Ces caractéristiques héréditaires étaient utiles dans les conditions où ils vivaient. Aujourd’hui, ces traits sont devenus nocifs pour nos conditions de vie. Il y a 100.000 ans, la cueillette et la chasse pour se nourrir, et l’activité de reproduction, la survie était à ce prix.
Mais c’est cela que nous avons hérité dans nos gènes. Les traits de comportement étaient simples :
- l’égoïsme de groupe : recherche de l’avantage personnel dans l’acceptation d’une certaine solidarité entre individus du même groupe.
- l’hostilité et l’agressivité à l’égard des autres groupes.
Rien n’a fondamentalement changé, les gènes nous ont été transmis de génération en génération. Notre cerveau possède les mêmes capacités qu’il y a cent mille ans. Ce qui a changé ce sont les acquis cumulatifs des générations qui nous ont été communiqués par la culture, par la tradition, par l’éducation, en aucun cas par les gènes.
Le patrimoine génétique de l’humanité ne s’est pas grandement modifié depuis les jours où nos ancêtres poursuivaient une existence précaire au cœur de l’Afrique. L’égoïsme de groupe et l’hostilité entre groupes sont toujours de mise.

Livre.
Amin Maalouf.
Le dérèglement du monde.

La générosité d’Amin Maalouf laisse place à l’inquiétude, au scepticisme, espérons qu’il ne soit pas tout simplement réaliste. Il annonce très vite la couleur :
‘ Mon inquiétude est celle d’un adepte des Lumières, qui les voit vaciller, faiblir, et en certains pays sur le point de s’éteindre ; c’est celle d’un passionné de la liberté, qui la croyait sur le point de s’étendre sur l’ensemble de la planète et qui voit à présent se dessiner un monde où elle n’aurait plus sa place ; c’est celle d’un partisan de la diversité harmonieuse, qui se voit contraint d’assister, impuissant, à la montée du fanatisme, de la violence, de l’exclusion et du désespoir, et c’est d’abord, tout simplement, celle d’un amoureux de la vie, qui ne veut pas se résigner à l’anéantissement qui guette.’

Un danger écologique provoqué notamment par la surconsommation des ressources naturelles de notre planète : si demain trois ou quatre milliards d’humains se mettaient à consommer autant que les européens, que de conflits en perspective.
L’économie, c’est la jungle. Dans la foulée de la faillite du modèle ‘communiste’, il est devenu de bon aloi de pratiquer le libéralisme sauvage, toute forme de régulation est rejetée, même de la part de certains socialistes.
« Qu’il n’y ait aucune honte à s’enrichir, j’en conviens. Qu’il n’y ait aucune honte non plus à savourer les fruits de sa prospérité, je le crois aussi ; notre époque nous propose tant de belles et bonnes choses, ce serait une insulte à la vie que de refuser d’en jouir. Mais que l’argent soit complètement déconnecté de toute production, de tout effort physique ou intellectuel, de toute activité socialement utile ? Que les économies de toute une vie de labeur puissent être anéanties, ou alors multipliées par trente, en quelques secondes ? Cela est une perturbation grave. «
Les clivages étaient idéologiques, ils sont maintenant identitaires. Une superpuissance dirige le monde, elle intervient dans tout et partout. Dans la foulée de la chute de l’idéologie communiste, les gouvernements musulmans de type nationaliste sont tombés, souvent des régimes forts et laïques. Désemparés, sans réelle alternative démocratique, les populations se dirigent vers les religieux. Mais que peuvent-ils faire d’autre ?
Karl Marx disait déjà ‘ La détresse religieuse est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde, sans cœur, l’âme d’un monde sans âme. Elle est l’opium du peuple. ‘ Pendant des siècles l’Occident s’est montré incapable, - plus exactement il a refusé - d’appliquer aux autres peuples les principes qu’il appliquait aux siens et qui ont fait sa grandeur. L’occident a installé, collaboré et entretenu, par intérêt, des régimes forts, dictatoriaux, peu scrupuleux des droits de l’homme. Que l’Occident ne s’étonne pas aujourd’hui, de l’attachement des populations aux religieux, souvent les seuls à avoir aidé les peuples opprimés et miséreux.

Et pourtant, l’humanité est une. Il n’y a pas de droits de l’homme pour l’Occident, et d’autres droits pour le reste du monde et notamment pour le monde musulman. Aucun peuple sur terre n’est fait pour l’esclavage, pour la tyrannie, pour l’arbitraire, pour l’ignorance, pour l’obscurantisme, ni pour l’asservissement des femmes. Le sort réservé aux femmes est souvent révélateur de l’état des droits de l’homme dans une région du monde.
La rapide évolution matérielle en Occident ne s’est pas accompagnée d’une évolution morale nous permettant de modifier nos comportements et de naviguer vers un monde où l’autre, l’étranger, le différent serait accepté ou mieux considéré comme notre égal. Voir l’autre au-delà de sa couleur, de son apparence, de son accent, de son nom, de sa religion, de sa langue, de sa nationalité, l’homme en sera-t-il capable un jour ? Et si nous commencions demain dans notre pays, dans notre quartier ? Les populations immigrées et émigrées peuvent devenir des intermédiaires extraordinaires pour restaurer le crédit de l’Occident dans le monde musulman.

Conférence.
Robert H.
Et le sacré dans tout cela !

Au sens premier, ou habituel, le terme ‘sacré’ possède une connotation ‘religieuse’.
Mais le sacré, et si c’était simplement : vivre des émotions importantes (voire extrêmes), inattendues, non reproductibles ? Par exemple, stopper sa voiture pour admirer un ciel rouge de colère ; par exemple, un tracteur qui laboure suivi par une marée de mouettes qui s’abattent et décollent en permanence à la recherche de nourriture ; par exemple, la main fraternelle qui se pose au bon moment sur ton épaule pour te dire : ne t’en fais pas, tu n’es pas seul ; par exemple, une petite fille qui me rappelle que je figure parmi les très gentils ; ou encore, deux regards qui se croisent un simple instant, un seul, pour te laisser croire que tout est encore possible. Et la conclusion de ces quelques exemples est simplement : merci la vie, je vais déjà mieux.

Conférence.
Pierre Van den Dungen.
Hubert Pierlot.

Premier Ministre belge dès avant la seconde guerre mondiale. Un grand face à face avec le roi Léopold III. Le premier ministre s’installe à Londres dès le début de la guerre, avec P.H. Spaak, il défendra la légalité de son gouvernement et va œuvrer aux côtés des alliés français, anglais, et américain. Au pays, Léopold III, le roi, est partisan de la neutralité du pays, ne pas intervenir dans la guerre entre les armées hitlériennes et les alliés. Et pourtant, Hubert Pierlot est un belgicain, monarchiste et catholique convaincu, un homme de la droite politique et religieuse. Rien ne le destinait à un pareil affrontement, mais il était un homme de droit, un homme de justice, un homme de liberté. A la fin de la guerre, il choisira encore le camp de la vérité au risque de clore définitivement sa carrière politique. C’est ce qu’il advint.

Livre.
Daniel Charneux.
Maman Jeanne.

Un superbe roman, toute en générosité profonde. C’est l’histoire de la vie de Jeanne, une histoire ‘triste’ d’un chemin où la chance et le destin n’ont jamais permis à Maman Jeanne de sortir de sa condition, presque prédéterminée dès sa naissance. Et pourtant il aurait suffit de presque rien, pour la porter vers le bonheur, elle qui possédait tant de belles choses en elle.

Livre.
Marc Roche.
Le capitalisme hors la loi.

Marc Roche est le correspondant du journal Le Monde à Londres pour l’économie et la finance.
La crise a coûté l’équivalent d’environ 10 % du produit national brut de la planète au contribuable, obligée de renflouer les banques. Partout, l’heure est à une austérité draconienne – prestations sociales plus frugales, retraites plus minces et plus tardives, réduction du rôle de l’état. Pendant ce temps, les milieux financiers ont renoué sans honte avec leurs habitudes : bonus, refus de toute réglementation, utilisation de lieux plus accueillants, spéculation sur les matières premières, hors-bilan, impunité. Comme si de rien n’était, ils sont de retour ‘ après avoir pillé grossièrement le système, en toute connaissance de cause ‘. Aucun dirigeant de banque n’a été appréhendé, jugé et condamné à la prison, même dans les cas de fraude avérée.
La finance peut être illustrée par trois cercles à la fois séparés et imbriqués l’un dans l’autre. Le premier représente le capitalisme de la lumière, le second celui de l’ombre, le troisième est carrément mafieux.
L’atlas mondial de l’argent offshore est composé d’une soixantaine de territoires regroupés en quatre zones :
- en Europe continentale : la Suisse, le Luxembourg, Monaco, le Liechtenstein, …
- l’espace britannique : La City de Londres, les îles Caïmans, les îles anglo-normandes, …
- l’espace américain : Wall Street, le Delaware, le Wyoming, les îles Marshall, Panama, …
- l’Asie et le pacifique : Hong-Kong, Vanuatu, Nauru, les îles Cook, …
Que font donc les banques internationales dans ces paradis fiscaux ? De l’évasion fiscale, pudiquement appelée ‘ optimisation fiscale ‘. La moitié du commerce mondial transite par ces paradis fiscaux. Les multinationales utilisent ces places offshore pour jouer sur le prix des échanges de biens entre la maison mère et les filiales.
La multinationale Total optimise ainsi ses profits de trading par une ingénierie fiscale qui brouille les cartes : achat du cargo physique de brut par un fournisseur, vente à une filiale de Total d’un nom différent domiciliée dans un paradis fiscal et rachat du cargo par la filiale de Total destinataire réel. L’achat se fait au prix du marché, la vente et le rachat par la filiale du destinataire se font à des prix supérieurs, ce qui permet à la filiale offshore de gagner de l’argent, beaucoup d’argent. De l’évasion fiscale à grande échelle.
Tout grand pays a besoin de zones extraterritoriales pour mener à bien des opérations financières que la morale publique réprouverait si elles avaient lieu à domicile.
- Le Delaware, minuscule état des Etats-Unis, accueille le siège social de la moitié des sociétés américaines cotées à Wall Street.
- Zoug, un des 26 cantons de la Confédération Helvétique : 100.000 habitants pour 240 km², revenu moyen par habitant 100.000 CHF. Le canton de Zoug est un champion de la soustraction fiscale. L'impôt sur les bénéfices est de 4 % pour des revenus inférieurs à 100 000 CHF, 7 % si les bénéfices dépassent cette somme, l'impôt sur le capital est de 0,075 %. La ville de Zoug et son canton abritent de nombreuses sociétés de courtage de matières premières, comme Glencore.
Un ancien associé de Goldman à la BCE. Mario Draghi, est nommé en juin 2011 à la présidence de la Banque Centrale Européenne. Entre 2002 et 2005, il fut vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs International à Londres. La plus grosse banque d’affaires au monde, a mené en 2000 l’opération de maquillage des comptes grecs, permettant à Athènes d’adhérer un an plus tard à l’Euro.
L’ancien président de la République italienne, Francesco Cossiga, disait en 2008 à propos de Draghi : ‘ Impossible de l’imaginer au Palazzo Chigi. C’est un affairiste qui vendra l’économie italienne à quelques connaissances de son ancienne banque d’affaires, comme il l’avait fait lorsqu’il était directeur du Trésor ‘.
Les Agences de notation sont en plein conflits d’intérêts, elles sont payées par les emprunteurs qui souhaitent obtenir une notation. Leur bilan est loin d’être brillant, leur vigilance a souvent été prise en défaut : Enron, Lehman Brothers, … Les banquiers ont pris le contrôle de l’alimentation. Un milliard d’êtres humains de par le monde ne mangent pas à leur faim. Dans les pays pauvres où la nourriture représente le gros du budget des ménages, la flambée des cours des denrées – 80% entre 2005 et 2008 – a provoqué des émeutes violentes. C’est le résultat de la levée, au début des années 1990, des contraintes qui existaient sur les positions spéculatives instaurées sur les matières premières agricoles. Cette réglementation avait trouvé son origine après la grande dépression de 1930. Les opérations des banques d’affaires s’apparentent davantage au PMU qu’à la vie économique réelle.
Le libéralisme débridé est en grande partie responsable de la crise financière de 2008. Au début des années 80, l’arrivée au pouvoir de Thatcher et de Reagan va tout changer. Le capitalisme veut être libre de toute entrave. L’objectif est clairement de démanteler le modèle de l’état providence mis en place par les gouvernements de l’après-guerre.
Si l’administration républicaine de Reagan entre 1980 et 1988 a combiné réductions d’impôts et monétarisme pur et dur, c’est le démocrate Clinton qui, entre 1992 et 2001, a accéléré le mouvement de libéralisation. Il en a été de même avec Gordon Brown, Gerhard Schröder, Romano Prodi ( conseiller entre 1990 et 1993 chez Goldman Sachs ), Pierre Bérégovoy. L’économie de l’ombre est en partie le produit de ce ‘ complexe libéral ‘ de la sociale démocratie des années 80-90. La gauche va déréglementer. La gauche, c’est désormais l’efficacité. La bonne gestion. La compétitivité. Son rapport avec l’argent bascule : hier, répulsion, aujourd’hui fascination. Une symbiose malsaine se développe entre la vie politique et celle des affaires.

Livre.
Hervé Hasquin.
Les catholiques belges et la franc-maçonnerie.

Ce livre relate, depuis bientôt trois siècles l’impossible dialogue entre l’Eglise, en tant qu’institution, et la Franc-Maçonnerie. La feuille de route de ces deux ‘groupes de pression ‘ est fondamentalement divergente. Et ce ne sont pas les quelques (rares) cas de dialogue, de compréhension, de sympathie, d’estime avec des membres du clergé qui changent quoi que ce soit.
Pour Hervé Hasquin, tout part de la réforme qui introduit la libre interprétation des textes, la liberté de pensée et la liberté de conscience. Il s’en suivra la franc-maçonnerie, le siècle des lumières, la révolution française, l’Université Libre de Bruxelles, le libéralisme, le socialisme.
Les Francs-maçons ont été excommuniés par l’Eglise, ils le sont encore ou non, c’est selon l’interprétation des textes du Vatican. En Belgique, il y eut d’abord le G.O., puis le D.H. (qui introduit la maçonnerie féminine). Plus récemment, le G.O. par dissension conduira à la création de la G.L.B. puis de la G.L.R.B. (la seule reconnue par la maçonnerie anglo-saxonne, parce que déiste) ; tandis que le D.H. conduira à la création de Lythos. Il existe aussi une G.L.F.B. (1980).